Numéro 109

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Mars 2020

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ÉDITO

On a beau être au XXIe  siècle, le jour (plus très récent…) où j’ai soufflé les 25 bougies de mon gâteau d’anniv à la crème fouettée supplément chantilly orné d’une superbe photo de ma délicieuse petite personne, il a fallu que Tata Ginette me pète le délire en hurlant bien fort devant toute l’assemblée : « Bah alors, ma Causette, elle va coiffer sainte Catheriiiiiiine ? » Moi, j’avais jamais entendu parler de Catoche, mais j’ai vite senti que ça sentait le roussi, cette affaire. Comme tout le monde se tenait les côtes à l’évocation de son prénom, j’ai d’abord pensé que, peut-être, Catherinette était une sorte de Foresti à son époque. Je vous arrête tout de suite, après une rapide vérif, la môme a eu un destin nettement moins folichon. Née sur les coups de 290 à Alexandrie, en Égypte, Catherine, aussi belle qu’érudite, a refusé un mariage royal, car elle se considérait unie à Dieu. Drôle de kif, vous me direz, mais si c’était son trip, on va pas commencer à juger. Bref. Comme elle a eu l’audace de tenir tête aux philosophes chargés de la convaincre que le christianisme c’était que du bullshit, on a décidé, de façon unilatérale, de la faire déchiqueter sous quatre roues armées de pointes, puis de la décapiter. Et depuis, tadaaaaaa, Catherine est devenue la patronne des célibataires. Ce qui, vraiment, n’est pas du tout chargé en termes d’héritage. Jusqu’à un temps pas si lointain, la tradition voulait donc que, tous les 25 novembre, on coiffe ces « catherinettes », pas foutues de se trouver un mari à 25 ans, de chapeaux ou de rubans verts et jaunes. C’est moi ou on est à deux doigts du bonnet d’âne ? Bizarrement, on n’a jamais vu personne coiffer des « catherinets »… Entre-temps, je vous la fais brève, on a brûlé deux trois sorcières et ricané en se moquant des vieilles filles à chats. Puis, les années 2000 ont propulsé sur le devant de la scène la célibataire sympa, mais désespérée au point de passer ses soirées à finir des pots de glace en jogging devant de mauvaises comédies romantiques (bisou Bridget !). Grande nouvelle, 2020 voit advenir la fin de cette vision ô combien éculée de la meuf éplorée qui n’a qu’un seul objectif dans la vie : se trouver un mec. La quatrième vague féministe charrie, avec elle, la possibilité d’un célibat choisi et joyeux. Voire libérateur. Il était temps. Catherine doit se frotter les mains.

Causette

ANN109

Fiche technique

Hors-série
Non
Année
2020

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